Festivals photos : on arrête ou on continue ?

Sex ratio des festivals de photo plasticienne 2014

Nous avons exploré la programmation 2014 des principaux festivals qui l’avaient déjà mise en ligne. En observant la partie haute du graphique, nous nous sommes plus à croire que nous pourrions bientôt arrêter d’alerter, de compter : de Niort à Bordeaux, le sex ratio est plutôt harmonieusement réparti. Las, le bas nous montre qu’il nous faut continuer : les pourcentages d’hommes exposés s’échelonnent de 81 à 94% !

Nous n’avons pas encore le programme de la Quinzaine Photographique Nantaise, qui exposait 38% de femmes l’année dernière (ce qui est à peu près sa moyenne depuis 2005). Nous attendons avec impatience celui des Transphotographiques de Lille, vers le 15 mai, qui depuis 2004 n’offre que 23% de ses cimaises aux femmes.

Nous avons enrichi ce graphique en indiquant devant chaque ligne le sexe des dirigeant.es : rouge pour les femmes, jaune pour les hommes, bicolore lorsque la direction est mixte. Le parallèle est éloquent : à l’exception de Peter Vass pour les Boutographies, les festivals qui affichent des programmes très masculins sont dirigés par des hommes. Fruit du hasard ou biais systémique ? Nous ne pouvons le dire à ce stade, mais avons en tout cas noté que cette logique ne se retrouvait pas forcément dans d’autres secteurs de la photographie (ex : galeries).

A ceux qui « oublient » la production des femmes, il serait bon de leur rappeler, lors de vos visites, que l’argent public qu’ils perçoivent pourrait être bien mieux réparti…

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11 réponses à “Festivals photos : on arrête ou on continue ?

  1. pas très scientifique comme étude, comme s’il suffisait qu’il y aient des femmes à la direction de festivals photos pour que la proportion des travaux réalisés par des femmes augmentent ??? Quid de la thématique et des sujets, mettre dans la même étude photomed, la Gacilly ( et non pas la gallicy ) et Arles est un peu simpliste !!!

    • Nous ne prétendons pas être scientifiques et n’avons nulle part exprimé l’hypothèse qu’il suffisait qu’il y ait des femmes à la tête des directions de festivals pour que la proportion des travaux réalisés par des femmes augmentent. Nous avons pris la peine de préciser que c’était peut être le fruit du hasard.
      Par ailleurs nous ne voyons pas très bien en quoi la thématique d’un festival devrait avoir un impact sur le sex ratio et pourquoi il est simpliste de mettre Arles, Photomed et la Gacilly dans un même tableau, sur ce sujet. Pouvez-vous élaborer ?

  2. La Quinzaine Photographique de Laillé, qui en est à sa deuxième édition en mai 2014, expose 35% de femmes. La parité peut être un des objectifs des futures éditions ?

  3. Bonjour, Présidente du CACP-Villa Pérochon à Niort, je suis (très agréablement) surprise de nous voir au plus haut du palmarès. Je voudrais quand même apporter une précision et une explication en guise de bémol. La précision, c’est que je suis présidente et que le directeur artistique du CACP qui assure et assume entièrement la programmation, est Patrick Delat, soit… un homme. Et une explication : notre programmation sur les Rencontres de la jeune photographie internationale est basée sur la promotion des jeunes photographes. Le pourcentage de femmes est sans doute proche du ration que l’on trouve dans les écoles d’art et de photographie, CQFD. Mais, petit clin d’oeil, nous avons quand même eu une spécificité féminine en Poitou puisque jusqu’aux dernières élections, nos cartons d’invitation étaient signés au féminin avec, en en-tête : une préfète, une présidente de région, une député-maire et une présidente d’association.

  4. Bonjour, je suis Valérie Laquittant, directrice du rendez-vous photographique ImageSingulières. Ca serait sympa de communiquer des informations exactes. Donc pour mémoire, le festival a été créé par l’association CéTàVOIR que je dirige, je dirige égalkement la Maison d e l’Image Documentaire (la MID), et je suis également la directrice du festival, Gilles Favier en est le directeur artistique. Et pour information, cette année nous avons consacré une exposition qui s’intitule « Les femmes (aussi) travaillent ». Je vous invite à venir la visiter jusqu’au 15 juin. Vous pourrez ensuite continuer à faire vos petites statistiques…

    • Merci de vos précisions.
      En ce qui concerne la direction du festival c’est la direction artistique qui nous intéresse car c’est elle qui prend la responsabilité des choix et, vérifications faites, il s’agit bien de Gilles Favier.
      L’exposition « les femmes travaillent » est conçue à partir du travail d’un réalisateur masculin sur les femmes de ménage dans les années 60 aux états-unis.
      Nos petites statistiques montrent la part d’ (in)visibilité des artistes femmes dans les festivals, galeries et institutions en France. Il nous semble plus que nécessaire, à lire votre commentaire, de continuer à travailler.

      • Encore une fois vous manquez de précision, l’expo théma « les femmes aussi travaillent » comprend le très beau travail de Valérie Couteron, merci pour elle. Et le film de Jacques Krier est situé en France et non aux États-Unis. En effet il y a encore du travail à faire.

      • J’ai »googlé » le titre et il est apparu en anglais avec l’image de femmes américaines qui fait apparemment partie de ce sujet. Désolée pour cette imprécision. Ceci n’enlève cependant rien à la remarque de fond. Valérie Couteron fait bien partie des 18,75 % de femmes exposées que nous avons décomptées. Mieux que l’année dernière tout de même.
        Comprenez bien que nous ne vous prêtons pas d’intentions sexistes. Nous souhaitons simplement que vous preniez en compte le travail des femmes, et ceci à plus grande échelle, car en leur accordant peu de place, c’est un cercle peu vertueux qui continue : pas de place, pas de visibilité, pas de marché, pas de moyen de production, pas de moyen de subsistance, pas de place, pas de visibilité…et ainsi de suite. Les mécanismes qui conduisent à ces comportements d’exclusion sont nombreux, souvent ancrés depuis longtemps dans des croyances, et nous tentons de les voir, de les démonter car pour nous, il n’y a aucune raison valable d’être privés du travail produit par les femmes et que l’argent public serve à financer majoritairement le travail des hommes. Nous sommes convaincus qu’à force de compter, de montrer, de discuter, les responsables de lieux comme vous sauront se montrer plus vigilants. C’est une prise de conscience accompagnée de curiosité que nous souhaitons provoquer. Lisez-nous, interrogez-nous, discutons. Nous, nous montrons, vous, vous pouvez faire progresser cette situation. Bon festival.

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