Grand Paris des grands hommes : pari gagné !

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Le programme du Mois de la Photo du Grand Paris 2017 est publié, et s’il n’est pas encore finalisé, la liste des expositions monographiques est du moins arrêtée. L’arrivée de l’ancien directeur des Rencontres d’Arles à la tête du Mois de la Photo nous avait fait parier sur plus de 80% d’hommes dans la sélection. Pari aisément et malheureusement gagné avec un score de 82% !

Cette année, le Mois de la Photo a été élargi au Grand Paris, et face à ce redimensionnement géographique le directeur de la MEP a délégué la direction artistique de l’évènement à François Hébel. Ces deux institutions ont été plusieurs fois apostrophées par Atlantes et Cariatides car leurs « lignes artistiques » s’avèrent assez proches en termes de sexe des artistes.

Jean-Luc Monterosso avait répondu à notre lettre lui demandant de prendre en compte les femmes dans la collection et les expositions, et avait été plus loin en soutenant et ouvrant l’auditorium de la MEP à l’évènement « Ni vues ni connues, comment les femmes font carrières (ou pas) en photographie. »
François Hébel est quant à lui bien au courant de ses biais de sélection, mais il en rit avec désinvolture – nous l’avions vu à l’entrée du ministère de la Culture lorsque le collectif d’activistes La Barbe montrait que son successeur Sam Stourdzé était sur la même ligne que lui.

Pour participer à l’évènement en tant que photographe il faut monter un projet, trouver un lieu d’exposition accessible au public, puis envoyer un dossier qui sera soumis à sélection. Une autre partie du programme est organisée en collaboration avec des institutions artistiques publiques et privées. Il est possible que la MEP ait reçu moins de candidatures de photographes femmes car le coût d’une exposition monographique est important et leurs revenus sont en moyenne 40 à 50% inférieurs à ceux de leurs confrères. De nombreuses causes amènent à ces chiffres dont celle… de ne pas avoir de visibilité. Plusieurs photographes contactées ont manifesté leur désintérêt pour cette manifestation : investissement trop coûteux en temps et en argent, sentiment d’un entre-soi pénalisant pour les femmes.

Le dossier de presse nous indique que «ce programme constitue la première occasion à cette échelle de faire le point sur les générations montantes de la photographie française (…).» Ce programme, dans lequel on retrouve nombre de vieux compagnons de route des RIP d’Arles, semble surtout confirmer les goûts du directeur artistique. Quelques privilégiés, dont certains issus de la « génération montante » du siècle passé, bénéficient même de deux expositions (Matthieu Pernot, Henri Cartier Bresson, Robert Doisneau, et Jean-Gabriel Lopez). Pourtant, comme le disait la plasticienne Esther Ferrer, « être commissaire d’exposition est une responsabilité envers le monde de l’art et non l’expression de goûts personnels », et on attendait une plus grande diversité d’origine des photographes au vu des territoires investis.

Si Henry Chapier souhaite que l’évènement devienne « le plus bel exemple de démocratie culturelle qui soit dans l’équilibre qu’il introduit entre ce qui se passe dans la capitale et ses proches banlieues », on aimerait bien que cette démocratie-là soit plus à l’image de la société et des artistes : vivante, diverse, mixte.

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